Depuis l’avènement de notre fameuse « démocratie », les politiciens ont mené une série d’actions ayant profondément impacté et, selon de nombreux observateurs, dévoyé la fonction militaire au Niger. En quête permanente de maintien au pouvoir et animé par la crainte d’un coup d’État, ils adoptent une stratégie controversée à l’égard des Forces Armées Nigériennes (FAN), marquée par une série de mesures ayant eu pour conséquence leur affaiblissement systématique et une déviation notable de leur rôle traditionnel.

Chasse aux officiers compétents

Une des premières mesures prises par les politiques a été l’éviction systématique des officiers jugés compétents au sein des forces armées. Ces derniers, souvent qualifiés d' »ethnicisés » ou de « mal pensants », ont été écartés ou mis à la retraite anticipée, laissant un vide en termes de leadership et d’expérience militaire. Cette purge, loin de se baser sur des critères professionnels, semblait motivée par des considérations politiques, les régimes cherchant à s’assurer de la loyauté sans faille des forces armées.

Promotion de l’incompétence

Parallèlement, les systèmes politiques ont été accusés d’avoir sciemment promu l’incompétence au sein de l’armée. En violation des règles et textes militaires établis, des individus jugés fidèles aux partis politiques mais dépourvus des qualifications nécessaires se sont vu attribuer des postes de responsabilité. Cette pratique a non seulement sapé le moral des troupes mais a également compromis l’efficacité opérationnelle de l’armée.

Corruption de la chaîne de commandement

La corruption a infesté la chaîne de commandement des forces armées, avec des rapports faisant état de pots-de-vin et de favoritismes influençant les promotions, les nominations et les affectations. Cette corruption endémique a érodé la confiance envers les institutions militaires et a miné l’intégrité de l’armée en tant qu’institution.

Désarmement et démoralisation

Dans un geste hautement symbolique et pratique, les politiques ont procédé au désarmement de segments clés des forces armées, rendant ces dernières inopérantes. Cette démarche, officiellement destinée à prévenir tout risque de coup d’État, a profondément démoralisé les troupes et compromis la capacité de défense du pays.

Recours à des forces armées extérieures

Face à la défiance croissante envers ses propres forces armées, les politiciens « démocrates » ont fait appel à des forces armées extérieures, notamment les forces françaises pour ne pas les citer, pour assurer la sécurité du régime. Cette décision a non seulement souligné l’affaiblissement et le manque de confiance envers les forces armées nationales mais a également soulevé des questions de souveraineté et d’indépendance nationale.

Conclusion

En somme, cet intermède démocratique a marqué une période de profond bouleversement pour les Forces Armées Nigériennes. Par une série de mesures controversées, les partis au pouvoir ont non seulement affaibli l’armée mais ont également profondément altéré sa fonction traditionnelle. La chasse aux officiers compétents, la promotion de l’incompétence, la corruption généralisée, le désarmement stratégique et le recours à des forces étrangères ont ensemble contribué à une crise profonde au sein de l’institution militaire, avec des répercussions qui se feront sentir bien au-delà de la période de gouvernance démocratique.

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2 réflexions sur “Les partis politiques, une fois au pouvoir, s’attèlent à dévoyer la fonction militaire ”

  1. Soumana Adamou

    Un diagnostic qui colle bien aux réalités Vivantes de notre armée minée par les fléaux savamment énumérés dans cette littérature de très haute qualité. Le régime déchu, (celui de Bazoum – Issoufou) est celui qui serait le plus indexé par ce texte vu la politique qu’ils ont mise en place pour détruire notre armée afin de la rendre inefficace, inopérante puisqu’ils l’ont déjà désarmée avec la complicité de quelques lâches Officiers qui pensent que c’est la seule voie qui s’offrent à eux vu leur incompétence pour monter en grade et acquérir des responsabilités qu’ils ne peuvent acquérir par mérite. Le diagnostic est très bien établi pour étayer le mal qui mine l’ armée du Niger. Les problèmes des FDS sont très bien énumérés ici dans ce texte pour que la recherche de solutions ne fatigue point. Il suffit juste de ramener l’armée à se faire respecter en disciplinant les officiers qui passent tout leur temps à filer les informations de la caserne à des civils et politiciens dont ils ne quittent jamais les salons ou au pire des cas, en écartant ces opportunistes de la noble fonction militaire.

    1. Colonel Major Sanda Aboubakar

      Merci pour ce commentaire. On veillera à donner à notre Armée ses lettres de NOBLESSE et sa DIGNITE.

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