RÉFLEXION…(Part 1)

Homme Africain en Reflexion…

REFLEXION…

… tout le monde est unanime qu’il n’y a pas de développement sans sécurité, aborder un sujet capital pour notre pays, celui de la sécurité et des incursions djihado-terroristes que nous subissons depuis une dizaine d’années, est intéressant à plus d’un titre. Notre travail consiste à chercher les causes, proposer des pistes (non exhaustives mais qui participent de l’apport personnel pour une mutualisation des compétences) pour une remise en état et une reprise des initiatives perdues avec l’appui nécessaire et contrôlé des pays amis.

TOUT PAYS SOUVERAIN EST « SEUL » RESPONSABLE DE SA SECURITE ET DE SA DEFENSE.

  • Destruction (programmée) de l’outil de défense/sécurité dans nos régions.

Depuis les lendemains des indépendances, un processus, sournois, d’affaiblissement des nouveaux états indépendants a été entamé avec une déliquescence programmée des outils de défense. S’en sont suivies, des décennies de négligences, de laisser-aller, de nullités diverses et de concussions en tous genres.

  1. Causes exogènes

Lorsque nos Etats ont « reçu » leurs indépendances, ces dernières faites de camouflages et de faux-semblants, ils n’ont pas du tout mis en place les éléments fondamentaux pour réfléchir de manière prospective sur ce que nous ferons, où nous allons et de quoi nous avons besoin pour le développement de nos Etats.

C’est une indépendance vidée de son contenu réel, elle est de façade, Paris ayant gardé la maitrise du secteur stratégique de la Défense en mettant au point un « arsenal » de conditions à cet effet. Ainsi, contre cette indépendance politique officielle, nous étions obligés de confier à l’Etat français notre politique de Défense, entre autres… avec les résultats que nous subissons à présent.

Le piège a été de nous contenter des structures coloniales existantes, même si elles ne répondaient pas à nos réalités, de signer des accords avec une totale confiance à ceux-là mêmes qui nous maltraitaient dans un passé pas très lointain. Le terrain avait été miné et aucune indépendance, voire aucun développement, ne serait possible sans une prise de conscience effective et de ruptures.

L’équation était simple pour le colon, il fallait juste :

  • Entretenir une élite qui sera mise dans les bonnes conditions et qui va agir à la place du colon, pour le bien exclusif de ce dernier. Cette action s’est perpétrée de pères en fils même si certaines failles se sont présentées par moment, permettant l’insertion de personnes intègres ;
  • Favoriser, dans les institutions clefs, notamment l’Armée et l’Administration, le culte de la médiocrité et de la soumission. Cela afin de rendre la présence du colon indispensable, en tant que coopérant ;
  • Détruire toute velléité d’équipement ou de mise en place de structures à même de proposer une vraie solution pour notre développement. Ainsi, aucune initiative qui nous rendra indépendants en matière énergétique n’a prospéré, pas plus que la mise en place d’une force équipée et opérationnelle pour une vraie défense de notre intégrité territoriale ;
  •  Intervenir, de manière cavalière, dans la gouvernance afin de favoriser les entreprises extérieures et étouffer dans l’œuf les entreprises locales. Ce faisant, tout est mis en place pour que nos Etats ne disposent pas des moyens lui permettant de planifier un développement serein.

Toutes ces actions ont sapé nos Etats de l’intérieur et au plus profond de leurs fondements, ne laissant aucune parcelle d’autonomie si ce n’est une autonomie de façade. Comme le résume les propos du Premier Ministre français de l’époque, Michel Debré, « On donne l’indépendance à condition que l’Etat, une fois indépendant, s’engage à respecter les accords de « coopération », l’un ne va pas sans l’autre ! »

  1. 2. Causes endogènes

Si nous pouvons évoquer des causes exogènes de cette destruction (programmée), nous ne pouvons passer en pertes et profits l’existence, comme partout ailleurs, de causes endogènes. Il y a d’abord le chacun pour soi qui a permis à une poignée d’officiers étrangers de prendre le contrôle de pans entiers des territoires africains, très souvent sans combattre mais juste en « divisant les populations pour mieux les battre ».

Les structures étatiques et sous-régionales qui ne jouent plus leurs rôles parce que gangrenées par certains maux et certaines tares que seuls les africains refusent de combattre par défaitisme ou par peur de l’avenir ou de la prise de risques.

Cependant, la culpabilité éternelle des « blancs » pour les actes posés doit être mise au placard et laissée aux historiens. Car beaucoup d’erreurs nous sont imputables :

  • Apparition d’un relent ethniciste latent voire servile, de plus en plus virulent et aux plus hauts niveaux de responsabilité. Un phénomène qui s’étend malheureusement jusqu’au sein des corps habillés ;
  • Corruption, concussion et passe-droits qui prennent le pas sur la bonne gouvernance et deviennent la norme dans nos sociétés, minant pour ainsi dire la détermination et la volonté de nos enfants face aux études ;
  • Rebellions et autres crises dues à notre incapacité à nous entendre, à vivre ensemble et en harmonie. On en vient à se demander si nous n’avons pas été formatés pour agir ainsi par cette « école » inappropriée qui nous a été imposée de l’extérieur ?
  • Dévotion à une politisation à outrance des Armées, source d’un manque total de cohésion et de combativité des hommes. En effet, comment voulez-vous que les soldats soient soudés et se sacrifient pour leurs camarades quand il n’y a rien qui les unis fortement, quand ils n’ont aucun contact si ce n’est sur le champ de bataille ;
  • Promotion et culte de la médiocrité par nos actes posés, nos comportements quotidiens qui jurent d’avec les valeurs sociales et humaines qui ont jadis fait notre fierté en Afrique ;
  • Délation entretenue entre soldats, manque de confiance et peur excessive du coup d’état qui conduisent nos responsables politiques à se méfier et à refuser toute action, tout entrainement visant à rendre nos Forces Armées et de sécurité opérationnelles.

Tous ces effets combinés nous donnent, en matière de défense et sur le long terme, un outil inefficace, nous privent de toute initiative salvatrice et nous écartent totalement de la réflexion stratégique dans tous les domaines de souveraineté. Se pose un très sérieux problème donc un besoin urgent de sursaut national.

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