#1 LA POPULATION, UN FACTEUR DETERMINANT.

La lutte contre les djihadistes au Sahel requiert certes l’utilisation de la Force Armée, elle doit cependant prendre aussi en compte l’aspect « POPULATION » pour être complète et efficace. Rassurer les populations éprouvées par tant de péripéties est une tache essentielle pour nos Forces Armées.

La protection de la nation et de ses frontières relève indubitablement des Armées Nationales en particulier, des hommes et femmes qui y vivent en général. A cette fin, ils et elles qui la composent devront être correctement appuyés, entrainés à la perfection et autorisés à faire leur travail dans le respect des règles d’engagement sous les ordres des professionnels de tous les niveaux qui les encadrent et la direction éclairée et stratégique de la sphère politique, c-à-d. de son Chef Suprême.

De nos jours, l’enjeu principal du combat contre le terrorisme ou le djihadisme, c’est la population et c’est cette dernière qu’il sera impératif de conquérir. C’est le lieu d’aider, de pousser cette Armée Nationale et Républicaine à acquérir la confiance et l’appui de cette population afin que le renseignement, vital dont dispose cette dernière, soit transmis à nos Forces et non à l’ennemi.

Le motus operandi des djihadistes, ennemis de notre pays, consiste à soumettre les populations dans les campagnes, voire dans les villes importantes, à leur volonté. Par-là, ils arrivent à avoir un coup d’avance sur les FDS car ces populations, par peur, leur donnent la primauté sinon l’exclusivité du renseignement ce qui permet à ces ennemis de contrôler/surveiller nos mouvements, nos itinéraires et de frapper nos FDS puis de se retirer en toute impunité. Sans l’aide de ces populations, aucune action ne sera victorieuse dans le pays.

Il est donc nécessaire, voire impératif, sans nous aliéner ces populations par nos actions fermes et déterminées, d’être méthodiques et patients si nous voulons réussir à les contrôler puis nous assurer leur adhésion et les faire travailler à notre profit.

La protection se résume essentiellement en une présence continue ou du moins une réaction spontanée de nos Forces à toute sollicitation de ces populations en vue de défendre et/ou détruire tout élément hostile qui s’en prendrait aux paisibles citoyens de la République. Cela nécessite une certaine autonomie et liberté d’actions de nos unités d’intervalles qui devront pour se faire connaitre les moindres recoins des zones dans lesquelles elles opèrent.

Les actions civilo-militaires, en plus de la présence permanente, se concentreront sur les mises en œuvre de projets de développement à travers une implication (par exemple) du Génie militaire dans la construction de voies rurales, la construction d’infrastructures pour faciliter l’implantation des services sociaux communautaires, mais aussi l’implication du Service de Santé en vue d’apporter un minimum de réconfort aux populations éloignées des grands centres urbains.

Ces actions nous permettront non seulement de bénéficier de la confiance des populations mais aussi de contribuer à une occupation permanente du terrain et à employer la jeunesse cible des recruteurs djihadistes. En bref, apporter une sécurité et la paix avec cœur et clairvoyance à des populations désemparées.

© AMADOU SANDA.

 

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